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Agrippine
Je vois mes honneurs croître, et tomber mon crédit
Non, non, le temps n’est plus que Néron, jeune encore
Me renvoyait les vœux d’une cour qui l’adore
Lorsqu’il se reposait sur moi de tout l’Etat
Que mon ordre au palais assemblait le Sénat
Et que derrière un voile, invisible et présente,
J’étais de ce grand corps l’âme toute-puissante
Les grâces, les honneurs par moi seule versés
M’attiraient les mortels et les vœux intéressés
Une autre de César a surpris la tendresse
Elle aura le pouvoir d’épouse et de maîtresse
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Britannicus
Non je l’avoue encore, mon coeur désespéré
Contre ce seul malheur n’était point préparé
J’ai vu sur ma ruine élever l’injustice
De mes persécuteurs, j’ai vu le ciel complice
Tant d’horreurs n’avaient point épuisé mon courroux
Madame : il me restait d’être oublié de vous
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Néron
Soumis à tous leurs vœux, à mes désirs contraire
Suis-je leur empereur seulement pour leur plaire
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Néron (s’interrogeant sur l’empoisonnement de Britannicus)
Sur les pas des tyrans veux-tu que je m’engage
Et que Rome, effaçant tant de titres et d’honneur
Me laisse pour tous noms celui d’empoisonneur