Scène III - Acte I

Séleucus

Hélas, c’est le malheur que je crains aujourd’hui

L’égalité, mon frère, en est le ferme appui

Scène V - Acte I

Rodogune

Il est des nœuds secrets, il est des sympathies,

Dont par le doux rapport les âmes assorties

S’attachent l’une à l’autre, et se laissent piquer

Par ces je ne sais quoi, qu’on ne peut expliquer

Scène II - Acte II

Cléopâtre

N’apprendras tu jamais, âme basse et grossière

A voir par d’autres yeux que les yeux du vulgaire ?

Scène V - Acte II

Antiochus

Régnons, et son courroux ne sera que faiblesse

Allons et soyez sûr que même le trépas

Ne peut rompre les nœuds que l’amour ne rompt pas

Scène II - Acte II

Oronte

C’est ici qu’il vous faut, ou régner, ou périr,

Le Ciel pour vous ailleurs n’a point fait de couronne,

Craignez moins, et surtout, madame, en ce grand jour,

Si vous voulez régner, faites régner l’amour

Scène V - Acte III

Séleucus

Lorsque l’obéissance a tant d’impiété,

La révolte devient une nécessité

Dérobons nous mon frère à ces âmes cruelles

Et laissons les sans nous achever leurs querelles

Antiochus

Nos malheurs sont plus forts que leurs déguisements

Leurs excès à mes yeux paraît un noir abîme

Où la haine s’apprête à couronner le crime

Où la gloire est sans nom, la vertu sans honneur,

Où sans un parricide, il n’est point de bonheur.

En voyant de ces maux l’épouvantable image

je me sens affaiblir, quand je vous encourage

Je frémis, je chancelle, et mon cœur abattu

Suis tantôt sa douleur et tantôt sa vertu

Scène III - Acte IV

Cléopâtre

C’en est fait, je me rends, et ma colère expire

Possédez là, régnez.

En vain j’ai résisté

La nature est trop forte, et mon cœur est dompté.

Je ne vous dis plus rien, vous aimez votre mère

Et votre amour pour moi taira ce qu’il faut taire.

Son cœur comme le vôtre en deviendra charmé,

Vous n’aimeriez pas tant, si vous n’étiez aimé.