“Les Juifs vantent beaucoup les lois de leur Décalogue. « Tu ne voleras point. Tu ne tueras pas. Tu ne rendras pas de faux témoignage. » Ne voilà-t-il pas des lois bien admirables, et auxquelles il a fallu beaucoup penser pour les établir !”

Mais qu’a fait votre Jésus, qui, après avoir séduit quelques Juifs des plus méprisables, est connu seulement depuis trois cents ans ? Pendant le cours de sa vie il n’a rien exécuté dont la mémoire soit digne de passer à la postérité, si ce n’est que l’on ne mette au nombre des grandes actions qui ont fait le bonheur de l’univers la guérison de quelques boiteux et de quelques démoniaques(https://fr.wikisource.org/wiki/Discours_de_l%E2%80%99empereur_Julien/%C3%89dition_Garnier#cite_note-51) des petits villages de Bethsaïda et de Béthanie.

Ces insensés, après avoir abandonné le culte des dieux éternels, suivi par leurs pères, prennent pour leur dieu un homme mort chez les Juifs.

Vous n’avez point recherché ce qu’il y avait de bon chez les Hébreux, vous n’avez été occupés qu’à imiter leur mauvais caractère et leur fureur : comme eux vous détruisez les temples et les autels. Vous égorgez non-seulement ceux qui sont chrétiens, auxquels vous donnez le nom d’hérétiques[53] parce qu’ils ont des dogmes différents des vôtres sur le Juif mis à mort par les Hébreux ; mais les opinions que vous soutenez sont des chimères que vous avez inventées, car ni Jésus ni Paul ne vous ont rien appris sur ce sujet. La raison en est toute simple : c’est qu’ils ne se sont jamais figuré que vous parvinssiez à ce degré de puissance que vous avez atteint

Esculape guérit nos corps, les muses instruisent notre âme ; Apollon et Mercure nous procurent le même avantage ; Mars et Bellone sont nos compagnons et nos aides dans la guerre ; Vulcain nous instruit de tout ce qui a rapport aux arts ; Jupiter, et Pallas, cette vierge née sans mère, règlent toutes ces choses. Voyez donc par combien d’avantages nous sommes supérieurs, par les conseils, par la sagesse, par les arts, soit que vous considériez ceux qui ont rapport à nos besoins, soit que vous fassiez attention à ceux qui sont simplement une imitation de la belle nature, comme la sculpture, la peinture

Vous avez pris des Hébreux et des autres peuples ce qu’ils avaient de plus mauvais, au lieu de vous approprier ce qu’ils avaient de bon. De ce mélange de vices vous en avez formé votre croyance

Remarquez qu’il est dit que celui qui a été engendré de Marie était en Dieu : or, soit que ce soit un autre dieu (car il n’est pas nécessaire que j’examine à présent l’opinion de Photin : je vous laisse, ô Galiléens, à terminer les disputes qui sont entre vous à ce sujet),

Si le verbe est un dieu, venant de Dieu, ainsi que vous le pensez, s’il est produit par la substance de son père, pourquoi appelez-vous donc Marie la mère de Dieu ? Et comment a-t-elle enfanté un dieu, puisque Marie était un homme ainsi que nous ? De même comment est-il possible, lorsque Dieu dit lui-même dans l’Écriture : « Je suis le seul Dieu et le seul conservateur, » qu’il y ait un autre conservateur ? Cependant vous osez donner le nom de Sauveur à l’homme qui est né de Marie. Combien ne trouvez-vous pas de contradictions entre vos sentiments et celui des anciens écrivains hébreux !

Il serait inutile et superflu si je m’étendais plus longtemps sur ce sujet, puisque j’en ai déjà parlé amplement, lorsque j’ai voulu prouver que les Juifs ne diffèrent des autres nations que dans le seul point de la croyance d’un Dieu unique. Ce dogme, étranger à tous les peuples, n’est propre qu’à eux. D’ailleurs toutes les autres choses sont communes entre eux et nous, les temples, les autels, les lustrations, plusieurs cérémonies religieuses ; dans toutes ces choses nous pensons comme les Hébreux, ou nous différons de fort peu de chose en quelques-unes