Adriano Romualdi (1940- 1973). Membre du MSI. Intelectuel organique de la droite nationale italienne. Fasciste de père en fils.

Dans ce petit essai, il tente de poser les bases d’une réponse à la crise de sens européenne depuis 1945. Le nationalisme, ayant abouti à deux catastrophes européennes, devrait être dépassé pour établir un nationalisme européen le système de Yalta.

  • MSI seul parti hors de l’axe constitutionnel, encadré dans les années de plomb par l’axe “catho-communiste” et le dualisme PCI-DC

  • page 26 sur le refus de la politique culturelle

    Dans ce sens, Romualdi critique sévèrement la direction du MSI, ou du moins une grande partie de ses responsables qui considère encore la culture comme quelque chose d’optionnel ou de secondaire. En effet, la politique culturelle du parti se limite souvent aux commémorations, au récit des anciens, aux chants militaires, au roman patriotique, à la collection d’insigne ou de béret. Cette politique culturelle est bien incapable de nourrir le feu d’une jeunesse en droit d’attendre autre chose qu’un repoussoir fait de nostalgie et de brocante

  • page 31 - sa vision de l’Europe

    “Pour Romualdi, les Européens ne peuvent redevenir sujets de l’histoire qu’à condition de construire une Europe indépendante des blocs, qui puisse s’affirmer comme troisième puissance mondiale, face à l’Union soviétique et aux USA.”

  • page 33 - Tradition

    “Il avait parfaitement compris ce qu’est la Tradition. Il ne la concevait en aucune manière comme un passéisme ou comme un souhait de “revenir en arrière”. La Tradition incarne le guide des peuples européens depuis des millénaires, leurs spiritualité aristocratique et guerrière, ainsi que les valeurs qui ont forgé la race de l’homme blanc, tournée vers l’action, la conquête et l’innovation technologique. Les Indo-Européens inventèrent autrefois des chars de combat qui leur permirent de partir à la conquête du monde. Leurs descendants se lancent dans la conquête spatiale et l’exploration de la génétique. Préfiguration de l’archéofuturisme.”

  • page 35 - de la Subversion

    … l’essence de la subversion n’a pas changé : haine et culpabilisation de l’homme blanc, morale du ressentiment et volonté de destruction de tout ce qui est différencié et ordonné. Et c’est bien là l’ennemi principal de toute reprise en main de leur destin par les peuples européens.

Introduction éclairante et synthétique sur l’auteur, sa construction idéologique et ses thèmes principaux.

  • page 39

    A l’heure du rideau de fer, Romualdi pointe l’inanité du thème national

    Quelles frontières sacrées de la patrie à défendre, quand une seule sépare désormais le continent.

    Comment opposer le romantisme national aux mythes internationalistes de la démocratie anglo-saxonne ou du communisme, camouflant les deux impérialismes.

    “Le vocabulaire de la droite (comme sa garde-robe du reste) est désormais terriblement démodé, et il ne faut pas s’étonner si les jeunes tournent le dos à cette camelote”

  • page 41 - du nationalisme comme compromis avec le libéralisme

    Le romantisme perçut le danger que représentent pour l’homme l’industrialisation de la planète, le dessèchement de toutes les sèves locales et régionales. Il se heurta au principe du “trône et de l’autel” mais il creusa plus profond, jusqu’à trouver une légitimité nouvelle dans la communauté de sang et de culture, dans ce qu’il appela la nation. Il réinsérait les forces bourgeoises, que la révolution avait libérées, dans le sillon d’une solidarité nouvelle. Il libéralisa la société, mais vida le libéralisme de son poison dans la mesure où il fonda la responsabilité envers l’Etat, envers la “Nation.

  • page 43

    Au XIXe la nation devint la formule par laquelle les classes instruites des pays occidentaux désignèrent la responsabilité qu’elles ressentaient envers les valeurs spirituelles transmises par le passé et que le matérialisme, l’industrialisme et l’indifférence des masses menaçaient de détruire. Ainsi compris, le nationalisme tendit au maximum l’esprit de lutte, d’affirmation, de sacrifice, de la bourgeoisie européenne. Il garda en vie une quantité d’énergies spirituelles qui, sans lui - dans l’atmosphère déjà opaque du parlementarisme - auraient péri. Il tint en vie un élan militaire, colonial; une mentalité de pionner, sans lesquels les peuples européens seraient devenus vieux avant l’heure.

    Cependant, les valeurs nationales reposaient sur une condition : que le monde tournât autour de la nation. Elles reposaient sur un mythe historique à courte vue, pour lequel toute l’histoire n’existait qu’en fonction de la nation et pour lequel chaque peuple avait à sa frontière un “Barbare. La perspective nationale excluait l’Europe comme unité de race et de culture.

  • page 47

    Le dilemme qui se posait au nationalisme était le suivant : ou bien se perpétuer dans ses dimensions idéologiques et territoriales exiguës, pour finir par être asséché et renversé par les Internationales du communisme et de la démocratie.

  • page 55

    Le problème de la Droite moderne c’est celui de survivre à la fin du vieux nationalisme. C’est de s’adapter aux circonstances nouvelles du monde dans une perspective plus nationale, mais continentale. C’est de trouver une synthèse qui condense les valeurs exprimées par les différents nationalismes européens.

    “Seul un nationalisme européen, peut faire contrepoids aux mythologiques de l’Occident libertin (Formule d’Augusto Del Noce), et de l’Est collectiviste.

    Mais la réponse ne peut être un paternalisme conservateur et catholique, qui ne propose ni aux masses, ni à la jeunesse une voie vivifiante.

  • page 57 - sur le Général de Gaulle

    Formule creuse de la France Seule, incapable de donner une impulsion nouvelle à la jeunesse.

    Ce nationalisme […] apparut bien vite comme une conception purement diplomatique, incapable d’entamer le prestige des idéologies de gauche et de fournir à la jeunesse française une perspective historique nouvelle.

    l’échec du gaullisme était lisible, à travers l’indifférence totale de la jeunesse française à son nationalisme retardataire.

    [Face à NY et Moscou] il est impossible de croire qu’un peu de grandeur diplomatique suffira à restaurer les fastes de la Nation.

    L’erreur de De Gaulle a consisté à parler au nom de la France. Mais les Italiens, les Français et même les Allemands ne pourront désormais être plus grands en tant qu’Italiens, Français et Allemands : ils ne pourraient l’être qu’en tant qu’Européens

  • page 60

    Le Nationalisme ne pourra retrouver sa légitimité historique qu’en s’adaptant aux proportions du monde moderne. Il ne pourra avoir encore un avenir que dans la mesure où il saura devenir nationalisme européen.

  • page 61 - parralèle sur le Haut Adige

    Aujourd’hui, avec une Allemagne divisée, une Europe coupée en deux, le fait que l’on veuille encore mettre sur le devant de la scène cette question du Haut Adige démontre de façon éloquente que la Droite n’a plus ni de perspectives ni d’imagination.

  • page 63

    “Seuls les nationalistes peuvent faire l’Europe”

    L’UE ne peut pas être démocratique et marchande, il manque la volonté politique, la volonté de puissance pour transformer un Zollverein en une Nation.