Un livre réputé comme un classique, bien mal m’en pris de suivre France culture sur ce coup là. Je pensais son auteur suédois, ce n’est qu’un allemand, dilettante et bourgeois dans les meilleurs temps de la Belle époque. Une conversation épistolaire profonde et de longue durée, où un maître donne des conseils à son apprenti sur son désir d’écrire, sa manière, sa forme, son sens en définitive.
Ecrivain à mes heures perdues, je pensais aussi trouver cette résonnance qui souvent traverse les siècles par les pages et les mots, ce n’a pas vraiment été le cas.
Pas forcément à lire au moins à avoir lu.
- page 37 *Vous demandez si vos vers sont bons. Vous me le demandez. Vous l’avez déjà demandé à d’autres. (…) Eh bien je vous prie de renoncer à tout cela. Vous regardez vers le dehors, et c’est cela précisément que vous ne devriez pas faire aujourd’hui. Personne ne peut vous conseiller ou vous aider, personne. Il n’est qu’un seul moyen. Rentrez en vous-même. Cherchez la raison qui, au fond, vous commande d’écrire ; examinez si elle déploie ses racines jusqu’au lieu le plus profond de votre cœur : reconnaissez le face à vous même : vous faudrait-il mourir s’il vous était interdit d’écrire ? Ceci surtout : demandez vous à l’heure la plus silencieuse de votre nuit : dois-je écrire ? Et si cette réponse devez être affirmative, alors construisez cette vie selon cette nécessité, votre vie jusqu’en son heure la plus indifférente, la plus infime, doit se faire signe et témoignage de cette poussée.
Critique individuelle et personnelle du propos, non je pourrai vivre sans écrire mais le mot le plus important est sans doute “cette poussée” où tout est vraiment dit pour qui a eu l’envie et le désir de coucher par des mots les revirements de son âme.
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page 44 Là le temps ne peut servir de mesure, l’année ne compte pas et dix ans ne sont rien ; être artiste veut dire : ne pas calculer ni compter ; mûrir comme l’arbre. (le printemps ou l’inspiration) vient de toure façon. Mais il vient seulement chez ceux qui, patients, sont là comme si l’éternité s’étendait devant eux, insoucieusement, calme et ouverte. Je l’apprends tous les jours et je l’apprendrai au prix de douleurs envers lesquelles j’ai de la gratitude : la patience est tout
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page 52 Quelques lignes avant sur l’amour de nos parents : “mais croyez en un amour qui se conserve pour vous comme un héritage ; ayez confiance, il y a dans cet amour une force et une bénédiction dont il pas nécessaire de sortir pour aller plus loin”
Mais surtout : “Mais votre solitude, au cœur même de conditions toutes étrangères, sera votre appui, votre foyer, et c’est à partir d’elle que vous trouverez tous vos chemins”
La modernité comme conspiration contre la vie intérieure n’est ce pas ?
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page 56 La vraie solitude définition : “Rentrer en soi-même et, des heures durant, ne rencontrer personne - voilà ce qu’il faut pouvoir atteindre. - page 57 : “Simplement l’individu qui est solitaire est, comme une chose, soumis aux lois profondes, et si quelqu’un sort dans le matin qui se lève, ou regarde au-dehors dans le soir qui est tout entier événement, pour peu qu’il sente ce qui advient là, alors tout état se détache de lui comme d’un même, alors même qu’il se tient dans la vie pure. ”
“Soyez seulement attentif à l’égard de ce qui se lève en vous, et cela, mettez le au dessus de tout ce que vous avisez autour de vous. ”
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page 60 Lisez les vers comme s’il s’agissait de vers étrangers et vous sentirez au plus profond combien ils sont vôtres
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page 72 Vous devez penser que (quand il) il vous arrive quelque chose, que la vie ne vous a pas oublié et vous tient dans sa main S’il fallait résumer ainsi la pensée païenne …